Informations économiques : Du côté de l’inflation


Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

Le taux d’inflation annuel de la zone euro s’est établi à 1,5% en novembre 2017, contre 1,4% en octobre. La hausse des prix reste donc éloignée de la cible de la BCE d’une hausse des prix inférieure mais proche de 2%. L’inflation de base reste à 0.9%. Le consensus espérait un taux d’inflation globale proche de 1.6%.

Au Royaume-Uni, l’inflation est restée sur un trend de hausse, soit 3%, supérieure à la croissance des salaires qui s’établissent à +2%.

Aux Etats-Unis, les données sur l’inflation restent décevantes. Le déflateur sur les dépenses des ménages reste stable à +1.4% loin de la cible de la FED et les salaires n’ont augmenté que de 2.4% sur 1 an soit en retrait sur les données précédentes. Au cours d’un colloque, Mme Yellen a mis en avant les doutes qui subsistaient au sein de l’institution sur une reprise de l’inflation en dépit du marché du travail qui laisse toujours espérer un rebond de celle-ci au cours des mois à venir. L’inflation totale a reculé de 20 points de base à 2.0% en glissement annuel en octobre, tandis que l’indice sous-jacent augmentait de 10 points de base, à 1.8% en glissement annuel

En Chine, la progression de l’inflation de 1.6% à 1.9% s’explique principalement par sa composante alimentaire, l’inflation hors alimentation restant stable à 2.4% et l’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) se stabilisant à 2.3% en glissement annuel.

L’inflation reste donc la grande inconnue de l’année à venir où la logique du marché du travail justifie d’assister à des hausses de salaires qui jusqu’à présent marque un effet retard significatif par rapport à la théorie de la courbe de Philips. Force est donc de constater qu’il n’y a pour le moment, nulle pression salariale exacerbée et pas de constatation d’un réel « Pricing Power » de la part des entreprises. Nous sommes toujours convaincus que des forces structurelles jouent en défaveur d’une réappréciation notable des prix mais ce sera de toute évidence l’inflation qui sera une des composantes les plus surveillées au cours des mois à venir pour appréhender le comportement des taux et de ses éventuelles répercussions sur les marchés actions.

Nous pouvons noter l’écart existant avec les prix à la production qui se sont inscrits ces derniers mois dans une tendance haussière, non constatable dans les prix de vente finaux.