Good Morning England

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, Richelieu investment Funds (RIF)

Certaines personnes, favorables à la sortie de l’euro, vantaient la décision du Royaume-Uni de son vote Pro Brexit en s’appuyant sur les données économiques du pays qui montraient une accélération de l’activité post-référendum. Nous avions suggéré alors que cette accélération résultait probablement en bonne partie d’achats d’anticipations. Les dernières publications d’activité semblent nous donner raison car tous les indicateurs du Royaume se sont retournés en même temps que l’inflation faisait un bond significatif en raison de la faiblesse de la Livre sterling, renchérissant les importations. La consommation domestique a marqué un net ralentissement et selon les données fournies par l’Institut National de la Statistique britannique (ONS), la croissance économique semble confirmer son ralentissement. Elle n’a été que de +0.2% au Q1 2017 vs +0.7% au Q4 2016. Cet organisme met aussi en avant la baisse des revenus des ménages pour le troisième trimestre consécutif (-1.4% au Q1 2017) et le ratio d’épargne des ménages est tombé à son plus bas historique de 1.7%.

A cela s’ajoute le résultat des élections anticipées, provoquées par Mme May , où le parti conservateur a perdu sa majorité absolue. Ceci a totalement contredit les sondages précédents. Mme May a donc été dans l’obligation de trouver une coalition de gouvernement et s’est tournée vers le DUP (parti unioniste nord-irlandais). Ces résultats vont inévitablement compliquer les négociations sur le « Brexit » où rien ne peut être écarté. Mme May aurait voulu une certaine intransigeance dans les négociations (Hard Brexit) mais la perte de sa majorité, où de nombreux élus favorables à une négociation tendue, pourrait obliger la nouvelle « dame de fer » à adoucir le ton sous la pression des autres partis de la nouvelle chambre parlementaire.

Bien entendu, dans cette analyse, il ne faut surtout pas oublier le comportement de l’autre négociateur, à, savoir l’Europe, qui ne devrait pas sensiblement adoucir sa position. Un certain nombre d’établissements bancaires songent déjà à des (re) localisations sur le continent et l’impact pour la City serait loin d’être négligeable. En l’état actuel des développements, tous les scenarii restent ouverts y compris un second référendum qui annulerait purement et simplement le « Brexit », comme la démission de Mme May.