Evolution du marché des actions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

La consolidation entamée en mai s’est accélérée sur le mois de juin et particulièrement sur la seconde partie du mois. Cette accélération aura touché en premier le secteur technologique coté au Nasdaq où les prises de profits furent plus marquées après leurs progressions conséquentes depuis de nombreux mois. Cependant, les valorisations ne semblent pas excessives pour ces entreprises qui bénéficient pleinement de la demande croissante que ce soit sur le Cloud, les software et les besoins d’investissements liés à la digitalisation.

Mais indépendamment de ces respirations logiques après des mois de hausse des indices, ce sont les questions sur la rapidité de normalisation des politiques monétaires des banques centrales qui ont pris le dessus et par conséquent ont influé négativement à la hausse les rendements obligataires des emprunts souverains. Les investisseurs ont anticipé, probablement un peu rapidement, des modifications conséquentes des politiques monétaires.

Il est aussi probable que les investisseurs américains, qui étaient faiblement revenus sur les marchés de la zone euro, ont plus que profité des variations de change euro contre dollar, lesquelles ont boosté leur performance. Au 30 juin, l’Eurostoxx 50 en euros offrait une performance de 4.6% depuis le 31 décembre 2016 mais de +13.19% en dollars.

Bien entendu, les gains sur les portefeuilles obligataires bénéficient aussi des parités de change pour les investisseurs non-résidents.

Pourtant quelques jours avant, ces marchés obligataires traduisaient les doutes des investisseurs sur la capacité de reflation de l’économie au regard de la baisse des cours de l’or noir et de données inflationnistes plus en retrait par rapport aux mois précédents.

Soupçonnerions-nous que les banquiers centraux aient eu une dialectique volontairement plus « confuse » pour calmer les marchés qui pouvaient présenter le risque d’une constitution de bulle ?

Le fait est que nous sommes passés d’un scénario à son opposé en quelques séances.

Paradoxalement, les places européennes qui sont les plus recommandées à l’achat, compte tenu de l’accélération économique et de l’amélioration des marges des entreprises, ont bien plus souffert que les indices américains où se posent la problématique du maintien des marges, d’une valorisation plus élevée et d’un cycle économique bien plus avancé. Ceci peut être aussi imputable aux opérations de fin de semestre où les investisseurs américains rapatrient régulièrement les avoirs détenus à l’étranger.

Le marché italien est celui qui a le mieux résisté en abandonnant que 0.6% sur le mois, aidé par le secteur financier suite à l’aide de l’Etat sur la recapitalisation de Veneto Banca et de Banco Popolare di Vicenza.

Le secteur financier est du reste celui qui a le mieux résisté grâce à la hausse des taux longs et la pentification de la courbe des taux favorable aux opérations dites de transformation.

Ce fut le cas aussi aux Etats- Unis après l’annonce de stress tests favorables et d’une réglementation qui pourrait être allégée, les grandes banques américaines ont annoncé de conséquents programmes de rachats d’actions.

La hausse des taux longs a été logiquement défavorable aux Utilities et télécoms. Le cours du baril a pesé sur les valeurs liées au pétrole.

Les marchés actions émergents et le Nikkei ont surperformé en monnaies locales avec des gains respectifs de 1,6% et 1,9%. La faiblesse des devises locales, notamment celles exposées au repli du cours du baril, ont nourri le mouvement mais, ce faisant, ont ramené leurs performances en territoire négatif pour l’investisseur en euro. Au sein des émergents, le MSCI EMEA a fermé la marche (+0,2% en monnaie locale et -2,6% en euro), principalement en raison de la Russie (-1,1% en monnaie locale) et de l’Afrique du Sud (-3,6%).

Pour les places Sud-Américaines, le Mexique s’est distingué suite à la victoire du parti de gouvernement aux élections de Mexico City.

L’Asie reste en surperformance.