Evolution du marché des actions

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Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, Richelieu investment Funds (RIF)

Reflation, relance keynésienne, flux sortants des marchés de taux en faveur des actions, indicateurs économiques en franche amélioration sont autant de facteurs qui ont permis une fin d’année haussière d’autant plus que les niveaux chartistes ouvraient la porte à une poursuite de la hausse des marchés.

Ceci s’est traduit par une confirmation du réveil des valeurs dites Value ou cycliques. A l’instar du secteur bancaire qui a repris 15% sur le mois même si le feuilleton italien des recapitalisations nécessaires des banques transalpines l’a freiné sur les dernières séances.

Comme l’indique le tableau ci-dessous, l’élection de M. Trump pour laquelle les stratégistes prévoyaient un recul minimum de 10% des indices actions n’aura pas eu l’effet escompté. Bien au contraire, ce fut le marché obligataire (et américain en premier) qui subissait une décollecte significative.

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L’ensemble des facteurs sus-énoncés justifie de démarrer l’année boursière avec un certain degré d’optimisme alors que certains investisseurs sont encore sous-exposés sur les actions. Ceci se constate sur tout recul des indices qui est mis à profit par les acheteurs retardataires. De là, à penser que l’année boursière sera un havre de paix, il y a un pas qu’aucun stratégiste ne peut faire, eu égard les occasions à venir à même de provoquer des soubresauts. Logiquement, l’année 2017 devrait voir une légère accélération de la croissance mondiale mais sans envisager un retour aux PIB de la dernière décennie puisque les freins structurels, que nous avons décrits ces derniers mois, persistent.

Croissance probablement plus soutenue Outre-Atlantique, retour à un PIB légèrement positif en Russie et au Brésil grâce au prix de l’or noir, Chine proche du PIB de l’an passé (6.4%) et une zone €uro stabilisée en espérant que la consommation ne soit pas amputée par des pertes de pouvoir d’achats ou sous l’influence des risques politiques.

En dépit de la performance des indices actions américains et de la valorisation du marché, celui-ci pourrait s’avérer porteur une année de plus. Non, seulement, l’effet dollar pourrait continuer d’attirer des capitaux mais la probable baisse de la fiscalité pour les entreprises a un effet mathématique sur l’amélioration des bénéfices par actions (estimée à +10%). Cette même fiscalité sur le rapatriement des bénéfices étrangers des entreprises américaines améliorera le poste trésorerie et pourrait redynamiser les programmes de rachats d’actions qui s’étaient nettement repliés sur le dernier trimestre 2016.

La zone euro peut continuer de bénéficier d’un effet rattrapage par rapport aux indices américains mais nous n’entrevoyons pas un retour massif des investisseurs non-résidents sur le vieux continent avec les discussions sur le Brexit et surtout les incertitudes électorales tant en France qu’en Allemagne. Ce seront donc avant tout les gestions domestiques et les probables arbitrages des fonds en euros en faveur des Unités de compte actions qui seront le moteur des flux entrants. Laquelle zone euro bénéficie toujours d’une politique accommodante de sa Banque Centrale.

Nous avions annoncé en janvier que l’année 2016 serait discriminante sur les marchés émergents. Si nous avons assisté à des flux entrants sur cette classe d’actifs, ils furent assez limités, démontrant une faible représentativité de ces marchés dans les gestions internationales et ont fluctué aussi en partie avec le mouvement du dollar. Les niveaux de valorisation de ces places, à l’exception de quelques rares comme le Vietnam, justifient un intérêt acheteur mais toujours avec discrimination puisque les fluctuations de change, les facteurs inflationnistes, les politiques monétaires auront des impacts différents entre chaque pays.

Ceci est aussi valable pour la bourse japonaise dont les mouvements haussiers ou baissiers dépendent des fluctuations de la parité Yen/Dollar.

Compte tenu des facteurs haussiers exprimés en tête de ce paragraphe, la tentation serait de privilégier une approche purement value et cyclique au sein des portefeuilles. Pour ce faire, il faudrait croire que l’année sera un long fleuve tranquille.
Hors, cette reprise mondiale que nous constatons à travers de nombreux indicateurs, y compris les ventes au détail en Chine, nous incite à ne pas ignorer les valeurs de croissance. D’autant plus que l’année 2016 aura provoqué un « dérating » de celles-ci, que ce soit les valeurs de luxe ou les Staples.

Un début d’année porté par un certain optimisme mais qui pourrait être entaché par le discours d’investiture du Président Trump, oh combien plus lisible que ses innombrables Tweet, particulièrement sur la politique commerciale des Etats-Unis. Enfin, les investisseurs scruteront avec attention les résultats du dernier trimestre pour savoir s’il n’y pas de risque de dichotomie entre les données macro- économiques et les résultats des entreprises.

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