Evolution des taux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bernachon, Directeur de la gestion, KBL Richelieu Gestion

Les taux courts :

Nous avons évoqué la difficulté tant de la B.C.E. que de la Réserve Fédérale de donner un timing précis de leurs interventions. Si nous sommes convaincus de la direction nécessaire de leurs politiques monétaires, c’est bien le paradoxe d’une inflation encore éloignée de leurs objectifs qui tempère les anticipations de hausse de taux comme une éventuelle nouvelle réduction de la baisse des achats de la part de la Banque Centrale Européenne. Laquelle doit bien évidemment tenir compte des effets de la hausse de l’euro qui correspond déjà à une forme de resserrement monétaire.

Du côté de la FED, les minutes montrent la perplexité des gouverneurs face à l‘absence de reprise franche de l’inflation et ceci a amené les investisseurs à revoir leurs anticipations d’une prochaine hausse de taux pour la fin d’année à 34% fin août contre 41% à fin juillet.

Tout en maintenant son optimisme sur l’évolution de la croissance, la Banque Centrale du Japon a maintenu sa politique monétaire inchangée.   Bien entendu, nous n’attendons pas de hausse de taux d’autant plus avec la remontée récente du Yen. L’institution poursuit ses achats d’actifs qu’ils soient obligataires ou actions. Elle maintient sa surveillance de la courbe des taux et devra maintenir ses achats et ce, d’autant plus si les taux des emprunts américains et européens étaient appelés à remonter.

Au Royaume Uni, la banque d’Angleterre a maintenu, aussi, le statu quo sur la politique monétaire à six votants contre deux. L’évolution de la devise et par conséquent une poursuite de sa baisse l’obligeraient à agir et à diminuer ses achats d’actifs.

Au cours du mois de juillet, Le comité de politique monétaire de la Banque Centrale du Brésil a baissé le taux d’intervention de 100 points de base pour le ramener à 9,25%, soit sous les 10% pour la première fois depuis novembre 2013. La chute de l’inflation permettra probablement de nouvelles baisses de taux d’ici la fin d’année.

Les taux longs :

Les marchés obligataires défient un mois de plus les investisseurs ou stratégistes qui attendaient une lente mais régulière remontée des taux longs. Mais l’aversion au risque, aussi mesurée soit-elle au cours de ce mois d’août, a bénéficié aux marchés de taux longs en provoquant une nouvelle baisse des rendements. Il est évident que la non visibilité du timing des resserrements monétaires joue en faveur de taux maintenus bas en dépit d’une croissance qui apparait mieux installée. L’absence d’inflation joue favorablement pour cette classe d’actifs.

Très léger écartement des spreads des pays périphériques contre Bund, notamment pour l’Espagne (25 centimes) et l’Italie (13 centimes) suite au discours de l’éternel « jeune » revenant, M. Berlusconi, qui envisageait un retour partiel à la monnaie nationale !!!!

Sur cette zone euro, le discours prudent de M. Draghi a bien entendu joué en faveur de la baisse de ces rendements et particulièrement sur le Bund allemand, en dépit d’une baisse notable des achats de l’institution par rapport aux règles édictées pendant la mise en place de son Quantitative Easing. Cette diminution a augmenté de fait les achats de dettes française et italienne.

L’obligation américaine bénéficie du différentiel de rendement qu’elle offre par rapport aux Bund et OAT française, ce d’autant plus pour les investisseurs en dollars.

Ce maintien des taux longs sur ces niveaux va donc à l’encontre de la hausse qui était escomptée en début d’année avec des projections sur un rendement de 3% à 3.50% pour l’obligation d’Etat américaine. Si l’absence de réelles tensions inflationnistes et les politiques monétaires expliquent ce maintien des taux, c’est aussi la spécificité de cette reprise économique qui en est la cause avec une croissance, certes bien présente, mais qui restera limitée dans son essor. Il ne faut pas non plus oublier que la reprise des économies émergentes agit sur le niveau des réserves de change mondiales qui s’inscrivent en hausse et se replacent en partie sur la dette américaine. 64% des réserves de change sont exprimées en dollars contre 20% en euros.

Le 10 ans britannique suit le même chemin, d’autant que les anticipations de croissance se sont retournées à la baisse, conséquence du Brexit.

Les Etats endettés ne peuvent que s’en satisfaire puisque ceci leur permet de ne pas alourdir la charge de la dette.

Comme précisé lors de la dernière publication, nous escomptons désormais un taux du 10 ans US autour de 2.70% en début d’année, mais cela reste conditionné en partie aux décisions fiscales du président Trump, toujours attendues.

(Source KBL EPB)

 L’ensemble des marchés de taux ont été favorisés. Moins d’émissions Corporate sur la période, été oblige. Mais au vu des émissions conséquentes des derniers mois, nous pouvons penser que d’ores et déjà, de nombreuses entreprises ont refinancé leurs emprunts.

Les emprunts à risque dit « High Yield » restent recherchés et leurs rendements en zone euro est proche de 3% sur de la dette à 5 ans.