Encore des pépites dans les petites valeurs ?


Interview de Clémence de Rothiacob, gérante de Richelieu Family Small Cap dans H24 Info à propos des petites valeurs.

Les petites et moyennes valeurs ont connu des années boursières assez fastes. Le vivier ne s’est-il pas tari ? Peut-on encore dénicher de bonnes affaires ? La réponse avec Clémence de Rothiacob, gérante de Richelieu Family Small Cap (+21,15% en 2017).

H24 Finance : Dans la gestion de Richelieu Family Small Cap, vous semblez avoir peu de contraintes…

Clémence de Rothiacob : Oui et non… Effectivement, il n’y a pas de contrainte sectorielle puisque, dans la mesure où c’est un fonds de stock picking, nous nous intéressons à la société au-delà d’une thématique ou d’une allocation sectorielle. Nous essayons de trouver des petites pépites, des entreprises familiales dans toute l’Europe.

Toutefois, nous avons des contraintes puisque c’est un fonds éligible au PEA PME donc 75 % de notre actif doit répondre à ces critères-là, c’est-à-dire, pour simplifier, des sociétés qui ont moins de 5 000 salariés et qui ont un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros ou un total bilan inférieur à 2 milliards d’euros.

Néanmoins, nous utilisons pleinement les 25 % restants pour aller piocher dans des entreprises qui ne répondent pas à ces critères. Certains secteurs, très intenses en main d’œuvre, dépassent rapidement les 5 000 salariés. Je pense aux services aux entreprises, à l’hôtellerie, à la logistique…

Ainsi, nous pouvons sélectionner des sociétés de taille plus importantes si elles répondent à nos critères d’entreprises familiales au sein desquelles la qualité du management et sa vision à long terme vont compter. Nous n’hésitons pas à être opportunistes.

H24 Finance : Aujourd’hui, quels sont les secteurs les plus représentés dans votre fonds ?

Clémence de Rothiacob : Nous parlons plutôt de thématiques privilégiées. Nous recherchons surtout de la forte croissance rentable.

Nous avons plus de 23 % du portefeuille qui est exposé à des nouvelles technologies comme les logiciels en trois dimensions pour la construction, l’automatisation des biens d’équipement, les technologies digitales, les caméras pour les machines ou encore l’internet des objets.

13 % du portefeuille est investi dans des medtechs, 16 % dans la construction avec, par exemple, la société italienne familiale Salini Impregilo, 15 % dans la consommation, toujours dans des niches comme le bio avec le néerlandais Wessanen qui détient notamment la marque Bjorg.

H24 Finance : Vous citez beaucoup d’exemples étrangers, quid des françaises ?

Clémence de Rothiacob : Le marché français reste prépondérant dans notre fonds, des titres comme Wavestone (ex Solucom) et Fountaine Pajot sont parmi nos gros poids ; néanmoins, la tendance est, depuis le lancement du fonds il y a trois ans, plutôt à la diversification géographique.

La France représente 28 % aujourd’hui (contre 42 % il y a un an) et l’Allemagne déjà 26 %. Nous avons encore presque 13 % de notre portefeuille en Italie, bien que nous ayions allégé son poids après la très belle performance boursière du pays en 2017.

Ensuite, la part des autres pays est plus faible. Huit mois avant le Brexit, nous avions quasiment soldé notre exposition au Royaume-Uni pour ne pas perturber la performance par des effets de devises. Le fait que nous ayons très peu d’investissement en Angleterres’explique aussi par la plus faible présence de la culture familiale, les anglosaxons ont davantage une gestion financière plutôt que patrimoniale.

Dans la même logique, les sociétés détenues en partie par des groupes de private equity ne rentrent pas dans notre philosophie. Selon nous, une famille a une vision à long terme, ce que n’a pas le private equity qui est là pour trois à cinq ans et qui va, notamment, monétiser certains actifs, restructurer très vite, rationnaliser les coûts…

A l’inverse, nous apprécions les entreprises qui gardent leurs actifs non productifs (l’immobilier notamment) et ne font pas de choix court-termistes destructeurs de valeurs à long terme. 

H24 Finance : Combien de titres détenez-vous en portefeuille ?

Clémence de Rothiacob : Nous estimons qu’une soixantaine de lignes permettent de bien diversifier le risque spécifique que l’on peut avoir sur certains titres.

Néanmoins, nous conservons un top 10 de convictions. Nos dix premières valeurs représentent 27 % du fonds et les quatre premières ont chacune un poids supérieur à 3 %. Nous ne voulons pas avoir un portefeuille équipondéré, nous le pondérons en fonction de nos convictions et de la liquidité des titres. Nous avons plus de 65 % du portefeuille liquidable en cinq jours ouvrés en négociant un tiers du volume. C’est un ratio que nous surveillons de très près !

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