Bilan des marchés actions pour le mois de janvier 2016

Bilan des marchés actions en janvier 2016

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Pascal Bernachon, stratégiste KBL Richelieu

Inutile de dire que nous avons rarement assisté à de telles baisses des marchés actions au cours du premier mois de l’année. En cherchant bien, seules trois places de faible importance auront réussi à terminer le mois en territoire positif : la Colombie, le Costa Rica et la Jamaïque.

La hausse de la volatilité et les sujets justifiant l’aversion au risque que nous avions souligné en début d’année ont joué leur rôle de repoussoir pour les acheteurs éventuels. Pour rappel, l’évolution de la Chine et son taux de change, les politiques monétaires et le pétrole.

Il a, du reste, été établi une corrélation entre l’évolution des marchés actions et la variation des indices actions même si celle-ci n’est pas parfaite.

La pression baissière s’est d’autant plus exercée que nous ne pouvons écarter la probabilité de ventes pour répondre aux appels de marge de la part de certains Hedge Funds ou les cessions effectuées par certains fonds souverains confrontés à de moindres entrées de la manne pétrolière.

Janvier a donné le ton de l’année et probablement plus du 1er semestre où l’influence de la banque centrale américaine provoque des sorties de capitaux des pays émergents.

Nous avons néanmoins assisté à des phases de reprise, souvent par débouclement de positions vendeuses quand les marchés étaient survendus.

Enfonçant parfois les supports et entraînant les indices dans un trend baissier, la lecture technique semble indiquer que la fin des marchés haussiers aura bien eu lieu au mois d’août dernier. Mais le rebond de fin de mois avec un SP500 qui repasse les 1905 points vient infirmer (au moins provisoirement) déformer ce type de conclusion.

Sur l’Eurostoxx50, les deux secteurs les plus attaqués étaient le secteur automobile puis le secteur bancaire.

Le premier a été pénalisé par la forte hausse des véhicules aux Etats-Unis au cours de l’année 2015 où les ménages ont notablement rajeuni un parc automobile trop ancien. Certains évoquent le risque de hausse des taux de financement mais qui ne se constate pas en ce début d’année.

Le second, le secteur bancaire abandonne 19%, influencé en partie par la chute des banques italiennes qui sont confrontées à la création d’une « Bad Banque » pour y loger les crédits nocifs mais aussi par la publication de résultats peu satisfaisants avec de nouvelles provisions à l’image de la Deutsche Bank.

Les banques restent confrontées à la hausse des réglementations en matière de fonds propres et de ratios de liquidité pour répondre aux demandes des autorités de surveillance.

Face à ces contraintes, le niveau des taux peu élevés limite les marges d’intérêt. Cette absence de rentabilité vient en opposition frontale avec les actions menées par la B.C.E qui cherchent à augmenter le crédit.

Le MSCI World a réussi à limiter la casse en n’abandonnant finalement que 5% à fin janvier contre un point bas de 10% grâce au rebond du baril sur la dernière semaine.

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